Située au cœur du
vieux bourg, l’église Saint-Martin a vraisemblablement été le
site d’une nécropole gallo-romaine du VIème siècle avant de
devenir le lieu d’un sanctuaire mérovingien puis celui d’une
église carolingienne placée sous le patronage de Saint Hilaire.
Elle n’est pas très grande mais l’équilibre de ses
proportions lui donnent la dimension esthétique particulière des
églises romanes auvergnates. Son aspect particulièrement clair
est dû à l’arkose de Montpeyroux, au calcaire et au basalte
utilisés pour sa construction.
Paysans corvéables à merci, tailleurs de pierre et maçons
locaux, supervisés par les maîtres d’œuvre qui ont laissé
leurs signatures au bas des murs, ont participé à son
édification.
Au même titre que les églises romanes majeures, elle
présente un plan en croix latine révélatrice de la croix
christique ainsi qu’une orientation du chevet vers la lumière
du soleil levant. On y retrouve également une voûte en berceau
de la nef centrale maintenue par des demi-berceaux (voûtes en 1/4
de cercle) qui forment un arc-boutant continu destiné à
neutraliser la poussée de la voûte maîtresse. Ceux-ci couvrent
les tribunes et sont à leur tour maintenus par des contreforts
extérieurs.
Malgré de profondes mutilations dues à des restaurations
successives, elle a gardé certaines caractéristiques
extérieures typiques comme la partie sud de la façade ouest.
Malheureusement et suite à l’effondrement du clocher et de sa
coupole en 1740, la toiture a été remplacée par une terrasse. L’actuel
clocher octogonal ne respecte pas les formes d’origine, la
façade a perdu ses tours et deux chapelles récentes sont venues
remplacer les quatre précédentes.
L’intérieur a gardé un ordonnancement classique. La nef et
les tribunes ont été conservées et on peut toujours y admirer
110 chapiteaux dont la plupart ont des décors végétaux ainsi qu’une
statue de Saint Verny, patron des vignerons, en bois polychrome du
XVIIIème siècle.