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La rigueur des préceptes coraniques
obligèrent les artisans à rechercher des techniques qui rendent plus distrayante
lornementation traditionnelle ; ils eurent recours ainsi à une palette de
couleurs naturelles dune richesse étonnante.
Comme le tisserand choisit les teintes suivant lusage auquel il destine le tapis,
les couleurs retenues auront dautant plus dimportance.
Ainsi, le rouge, issu de la garance
(plante qui pousse dans tout lOrient), de la cochenille (parasite du chêne, du
figuier, du cactus), du henné, du bois de santal
manifeste lexaltation, la
puissance, la joie. Cest le symbole de la chaleur et du feu.
Le bleu incite à la réflexion. Il est
souvent associé au domaine spirituel. Il détermine le lieu des prières (le dôme des
mosquées est souvent bleu) et les amulettes de couleur bleue sont censées neutraliser le
"mauvais il". On utilise lindigo dorigine végétale.
Cest le symbole de la vérité et de léternité.
Le Jaune vient du safran (extrait du
pollen de crocus stativus) ou de la pelure de grenade. Il manifeste la grandeur et la
fortune. Les turcs lutilisaient pour tracer les caractères coraniques et les
empereurs chinois shabillaient en jaune.
Le vert est la couleur du drapeau de
lIslam, de létendard du prophète. Il est rarement utilisé parce quil
est sacré. Il symbolise la sainteté et limmortalité.
La laine est laissée à refroidir
pendant 12 heures dans le bain de teinture avant dêtre rincée à leau
courante. Elle nest pas teinté en écheveau mais par longs brins plongés
séparément dans la teinture, rassemblés, essorés en plein air et exposés au soleil.
Contrairement aux colorations synthétiques qui teintent uniformément, le procédé
justifie les multiples nuances du résultat final. Apparues au cours du XIXème siècle,
les couleurs chimiques connurent un intérêt certain jusquà ce quon constate
quelles vieillissaient mal.
A. Marie Charpentier
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