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Et Dieu créa le Tapis

Une histoire millénaire

La fabrication

L'ornementation

 

 

 

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Afghanistan XXè

la technique


La technique de fabrication est partout sensiblement la même. Les différences s’expliquent par les modes de vie des ouvriers tisserands : Souvent appelés à se déplacer, les nomades utilisent un métier à tisser placé horizontalement sur le sol pour réaliser des tapis de petite taille alors que les paysans sédentaires travaillent sur une structure fixée verticalement et permettant des proportions plus généreuses. Enfin les pièces réalisées dans les manufactures sur des métiers de plus grand format peuvent avoir des dimensions plus importantes.
Le travail est effectué soit par la mère de famille ou la jeune fille qui suivent leur inspiration, soit par des ouvriers noueurs d’après un modèle prédéterminé.
La difficulté tient au temps nécessité par le nouage qui peut s’étaler sur des années compte tenu de fréquentes interruptions.
Ainsi, un tapis noué de moyen format correspond à environ deux années de travail à domicile.
Les nœuds sont des mailles maintenues dans le quadrillage du tissu qui lui donneront plus ou moins d’élasticité. Leur nombre peut varier d’environ 500 (nœuds au décimètre carré) dans les tapis de laine à plus de 10 000 (nœuds au décimètre carré) dans les tapis de soie.
On utilise la laine de mouton, d’agneau (pour les tapis très fins), le poil de chèvre ou de chameau, le coton (pour la confection de la chaîne), plus rarement la soie. Les fils d’or et d’argent interviennent dans certains motifs décoratifs.

la teinture


Elle est déterminante pour l’aspect final de la décoration.
Mais pour augmenter la capillarité des fibres, leur capacité à absorber et fixer les colorants, il est nécessaire d’avoir recours à des " mordants ".
Le plus connu est l’alun (sulfate de potassium et d’aluminium). On utilise aussi l’oxyde de fer, le chlorate d’étain ou le sulfate de cuivre.
Le mordançage s’effectue généralement avant la teinture.
Cependant un résultat comparable peut être obtenu si on ajoute du yogourt, des cristaux de citron, du sel ou de la cendre de bois au bain colorant.
Chez les nomades, les femmes teignent de petites quantités de laine, aussi leur est-il leur est impossible d’obtenir des nuances parfaitement identiques d’une fois sur l’autre. Ces changements de tons dans une même couleur garantissent l’authenticité de la nature artisanale du tapis.

 

 

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Zara Sisas
Asie Mineur XVIIè


les couleurs

La rigueur des préceptes coraniques obligèrent les artisans à rechercher des techniques qui rendent plus distrayante l’ornementation traditionnelle ; ils eurent recours ainsi à une palette de couleurs naturelles d’une richesse étonnante.
Comme le tisserand choisit les teintes suivant l’usage auquel il destine le tapis, les couleurs retenues auront d’autant plus d’importance.

Ainsi, le rouge, issu de la garance (plante qui pousse dans tout l’Orient), de la cochenille (parasite du chêne, du figuier, du cactus), du henné, du bois de santal… manifeste l’exaltation, la puissance, la joie. C’est le symbole de la chaleur et du feu.

Le bleu incite à la réflexion. Il est souvent associé au domaine spirituel. Il détermine le lieu des prières (le dôme des mosquées est souvent bleu) et les amulettes de couleur bleue sont censées neutraliser le "mauvais œil". On utilise l’indigo d’origine végétale. C’est le symbole de la vérité et de l’éternité.

Le Jaune vient du safran (extrait du pollen de crocus stativus) ou de la pelure de grenade. Il manifeste la grandeur et la fortune. Les turcs l’utilisaient pour tracer les caractères coraniques et les empereurs chinois s’habillaient en jaune.

Le vert est la couleur du drapeau de l’Islam, de l’étendard du prophète. Il est rarement utilisé parce qu’il est sacré. Il symbolise la sainteté et l’immortalité.

La laine est laissée à refroidir pendant 12 heures dans le bain de teinture avant d’être rincée à l’eau courante. Elle n’est pas teinté en écheveau mais par longs brins plongés séparément dans la teinture, rassemblés, essorés en plein air et exposés au soleil. Contrairement aux colorations synthétiques qui teintent uniformément, le procédé justifie les multiples nuances du résultat final. Apparues au cours du XIXème siècle, les couleurs chimiques connurent un intérêt certain jusqu’à ce qu’on constate qu’elles vieillissaient mal.

A. Marie Charpentier

 

 
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