Comme l’indique
le nom du village, Colamine sous Vodable se situe à
" un jet de pierre " de Vodable.
A la première approche, indépendamment de la qualité de sa
sobre architecture et des trésors qu’elle renferme, l’église
de Colamine sous Vodable séduit d’emblée, par son site :
isolée ou presque, au milieu des champs sur la pente douce d’une
combe, elle semble regarder sereinement la pleine du Lembron.
Cette église décline avec sobriété, et respect des formes
les règles de l’architecture romane, telle que celle-ci c’est
développé en Auvergne du XI au XIIème siècle. La robustesse et
le dépouillement de son allure générale ne font que rehausser l’équilibre
des lignes et l’harmonie des volumes.
L’avant chœur et le chœur sont les parties les plus
anciennes, vraisemblablement à la fin du XI è. Cent à cent
cinquante ans plutard, la nef fut construite par les habitants,
mais par manque de moyens, ils le firent très simplement, à l’exception
du portail méridional. Les parties moulurées, telles que les
voussures du portail, les lobes de l’oculus, et les modillons de
la corniche, permettent d’avancer la fin du XII ou le début du
XIII, comme époque probable de construction.
Colamine a la chance d’avoir conservé son clocher roman,
élevé sur plan rectangulaire au dessus de l’avant chœur. Le
portail en arc brisé est encadré d’une archivolte à trois
voussures moulurées d’un tore, témoignant d’un certain soin
d’exécution.
En 1979, les membres de l’association de sauvegarde de
Colamine sous Vodable décidèrent de retirer le retable, en très
mauvais état, qui cachait l’abside axiale. Ils découvrirent
alors emmurées, six statues en bois et deux fragments d’une
statue de Ste Madeleine en pierre. Restaurées, puis classées
(inscrites au titre des monuments historiques) dans l’année qui
suivit leur découverte, les sept statues (XVème, XVIème et
XVIIème siècles) sont désormais
exposées dans l’église de Colamine.
Patrick Ollier
Photos : LB