L’église de Saint Jean Saint Gervais domine la
vallée de l’Allier du haut d’un piton escarpé. Elle fut
inscrite en 1978 à l’Inventaire complémentaire des Monuments
Historiques. Cela a permis de mettre en train plusieurs campagnes
de rénovations.
De taille modeste (un peu plus de 17 m de long sur
une longueur de 11 m) cette église présente à qui la regarde de
l’ouest son entrée principale, surmonté d’un oculus. Côté
sud, une autre entrée, couverte (ou ganivelle) à trois arcs
formant ainsi un rectangle. Les arcs de la voûte, dont la clef
est orné d’un écu, portent quelques traces de peintures.
Le clocher refait d’une façon particulièrement
malheureuse en 1935 et expressément exclu de l’inscription à l’Inventaire,
a remplacé un clocher à abat-son de bois, moderne lui aussi.
Deux cloches datent de 1719, deux autres de 1748 et de 1903.
Les deux entrées de cette église, donnent accès
à la nef, voûtée en berceau, à laquelle est accolée sur toute
sa longueur une chapelle à deux travées voûtées d’origines.
Le chœur surélevé de deux marches, est à une croisée d’ogives,
avec à la clé un écu portant une croix potencée. A gauche du
chœur, une porte donne accès à la sacristie. Une décoration de
couleur noire fait penser qu’elle aurait pu servir de chambre
funéraire. D’autre part, elle communique avec le chœur par un
guichet muni de plusieurs barreaux. D’où l’idée également
émise qu’elle aurait pu abriter un reclus à qui cette
ouverture aurait permis de suivre les offices.
La décoration de la sacristie fait certainement
partie d’un ensemble dont les restes ont été dégagés et pour
une part restaurés en 1991. On peut notamment voir à droite du
chœur, un grand carré qui encadre la représentation d’une
hostie : un cercle portant les lettres IHS avec une croix
supportée par la barre du H et, au dessous, les trois clous de la
crucifixion. Sur le mur opposé, on voit le même motif mais
inachevé. Il empiète sur un autre motif constitué par la
représentation assez réaliste d’un cœur rouge enflammé
entouré de deux rameaux en noir et rouge qui dessinent eux même
un cœur, surmonté d’une couronne. Au dessus du guichet, on lit
une inscription latine en lettres noires et rouges taillées dans
la pierre.
La datation des diverses parties de l’église
pose des problèmes non encore résolus dans le détail. L’ordre
de construction des parties a donc dû être : nef, puis chœur,
puis chapelle et enfin, la sacristie, postérieure au chœur comme
le montre un simple coup d’œil à l’extérieur sur le mur
est. Les différentes parties de cette église datent du XI, XV et
XVIII ème.
Patrick Ollier
Photos : LB